LA BOUILLE VALLEE DE SEINE

 

 La Bouille et ses Restaurants

Patrimoine et un peu d'histoire

 

 

L'origine du nom est incertaine. La Bouille pourrait tirer son nom du mot bulle, ou bouillon, qui évoque les forts remous provoqués par le mascaret à la base du méandre ; de buticula, qui signifie « bout de l'eau » - c'est à La Bouille que s'arrêtaient les droits du roi sur le cours d'eau – ou encore de boville, c'est-à-dire bouverie – les pâturages étant nombreux en bord de Seine.
La fondation de La Bouille remonterait aux Celtes. Dès le XIe siècle, le village, qui, sis entre les falaises et la Seine, ne possède pratiquement pas de terres agricoles, oriente son économie vers le fleuve : pêche et transport de pierres de Caumont, de sel, de blé, etc. L'activité fluviomaritime animera la petite cité jusque dans les années d'après-guerre.

 Au XVIe siècle, elle arme au long cours et fait le commerce de marchandises exotiques : sucre, pierreries, fourrures, etc. En 1620, Louis XIII lui accorde un jour de marché. Quelques années plus tard, la création des « batels » bouillais, qui rejoignent la capitale normande en quatre heures, fait du port le point de passage obligé entre Rouen et la Basse Normandie. Les voyageurs affluent, les auberges et les commerces se développent. A la fin du XIXe siècle, avec l'ère du bateau à vapeur, La Bouille devient un lieu de villégiature réputé. Après la seconde guerre mondiale, le trafic fluvial décline, et le village se reconvertit dans le tourisme.    

 

Maison de Louis XI – XIVe siècle – Pan de bois - Rue du Docteur Magalon  

  

En juin 1467, Louis XI se rend à La Bouille pour rencontrer le Duc de Warwick, ambassadeur d'Angleterre. L'entrevue a lieu dans cette maison à colombages. A cette occasion, il y est « moult festoyé » : la dépense se monte à 325 livres, 6 sous et 6 deniers. La chambre de cette demeure conserve une cheminée ornée d'un médaillon aux armes de France. 

 Archange Saint Michel – XVe et XVIe siècles – Bois – Place Saint Michel  

  

Cette statue est accrochée au flanc d'une bâtisse du XVe siècle, dont la façade a été remaniée au XIXe siècle. En 1639, la révolte des Va-nu-pieds, soulèvement de paysans contre l'établissement des greniers à sel en Basse Normandie, embrase la province. Le chancelier Séguier, dépêché en Normandie pour diriger la répression, prend ses quartiers au Grand Hôtel Saint Michel et envoie de nombreux édits qui font dire aux Rouennais : «Le mauvais vent vient de La Bouille». L'insurrection est étouffée en 1640.

Eglise Sainte Madeleine – XVe au XIXe siècle – Pierre de Caumont – Place du bateau 

   

Cet édifice, de style ogival, se dresse à l'emplacement d'une ancienne chapelle où dit-on, Louis IX et Blanche de Castille seraient venus en pèlerinage. La première pierre de l'église est posée en 1423 par Mgr de La Roche Taillée, évêque de Rouen, en présence du marquis d'Estampes, seigneur de La Bouille. Arthur 1er, comte de Bretagne, écarté de la couronne d'Angleterre par son oncle, Jean sans Terre, qui le fit assassiner en 1203 – son corps aurait été retrouvé à La Bouille – y serait inhumé. A l'intérieur, la lumière qui tombe des hautes verrières vient jouer sur la pierre blanche des colonnes.

Eglise Sainte Madeleine – Première moitié du XIXe siècle – Graveur : Léon Morel-Fatio – Gravure sur bois  

  

Autrefois, l'église Sainte Madeleine était parée d'un clocheton si petit qu'il valait à l'église le surnom ironique de « cathédrale de La Bouille ». En 1863, il est remplacé par le clocher actuel, du haut duquel Albert-Lambert père, jeune apprenti sculpteur sur pierre, aurait découvert le village et décidé d'y bâtir son «nid».

Vitrail de Pierre Brice – XVIe siècle – Eglise Sainte Madeleine  

  

Ce vitrail représente Pierre Brice, « escuyer, conseiller du roy, auditeur en sa chambre des comptes de Normandie », en armure, devant une ville en feu. Il est accompagné de sa femme, damoiselle Geneviève Voisin.

Vitrail des notaires – XIXe siècle – Eglise Sainte Madeleine 

  

L'homme de lettres Hector Malot, qui n'a pourtant jamais caché ses idées anticléricales, a participé au financement de ce vitrail, qui honore la mémoire de son père et de ses deux successeurs, MM. Beauvet et Drapeau, anciens notaires à La Bouille. Leurs trois portraits figurent en médaillon.

Grenier à sel – Pierre de Caumont – Rue du colonel Périn  

  

Sous l'Ancien Régime, la Normandie fait partie des pays de grande gabelle, où les habitants sont tenus d'acheter une certaine quantité de sel. Les collecteurs de la gabelle viennent s'approvisionner à La Bouille pour distribuer le sel dans les villes et les villages de Basse Normandie. Les greniers sont situés sur les côtes : au Tréport, à Saint Valéry, à Quilleboeuf, à Dieppedalle, etc. La basse Seine, moins taxée que la Loire, fournit en effet toute la France du Nord. Le « grenier d'impôt » de La Bouille est l'un des plus anciens de Normandie.

Les Gazouillis – XVIIIe siècle – Pierre, brique et pans de bois – Côte Albert-Lambert  

  

Plusieurs textes anciens évoquent la présence d'une industrie du drap à La Bouille au XVIIIe siècle. Le grenier étente de cette grande maison en témoigne.

Maison d'Hector Malot – XVIIIe siècle – Pierre et brique – Quai Hector Malot 

  

Le 29 mai 1830, Hector Malot, auteur de Sans famille, naît dans cette maison des bords de Seine. Quelques heures après sa naissance, un voilier, en virant maladroitement, brise la vitre de la chambre du nouveau-né avec son mât de beaupré. Les Bouillais y voient le présage d'une destinée peu commune. Le romancier vivra dans cette maison jusqu'à l'âge de cinq ans. La présence du fleuve, des voiliers, les histoires de marins racontées par sa mère, veuve d'un capitaine au long cours mort à Saint-Domingue, influencent son enfance et lui donnent le goût des voyages.

Buste d'Hector Malot – 1866 – Sculpteur : Chapu – Bronze – Square Hector Malot 

  

C'est en 1967 que ce buste de l'enfant du pays, initialement destiné à la ville de Rouen, est installé dans le petit square qui fait face à l'église.

Manoir Bon-Accueil – XVIIIe siècle – Rue de Seine 

  

Cette imposante maison normande portait jadis les panonceaux de l'étude notariale ; le père d'Hector Malot y a officié. Après le transfert de l'étude à Grand-Couronne, en 1887, elle sert un temps de pension de famille. A partir de 1934 et pendant une trentaine d'années, elle accueille une école privée.

Plan de la paroisse – 1768 – Lescuyer Feudiste – Archives départementales de Seine Maritime, Rouen 

  

Au XVIIIe siècle, La Bouille arme des navires vers des destinations lointaines telles que la Guinée, le Brésil, Saint-Domingue, Terre-Neuve. Ce précieux document montre qu'un petit port s'étendait alors devant l'église ; on y voit également qu'une halle à blé, du XIe siècle, se dressait sur l'actuelle place du bateau.

Villas du quai – Fin du XIXe siècle – Quai de Caumont 

  

A la sortie du vieux bourg, en direction de Caumont, les rives du fleuve sont bordées de villas normandes à l'architecture typique de la fin du XIXe siècle : toits de tuile, colombages, balcons… Rouennais et Parisiens y viennent alors en villégiature. La Bouille est encore très fréquentée entre les deux guerres et sa population double pendant les vacances.

Bateaux de La Bouille – Carte postale 

  

Au XVIe siècle, de lourds coches d'eau halés par des chevaux et gréés de voiles pour profiter des vents, les batels bouillais, remontent le fleuve vers Rouen. En 1831, un premier vapeur est mis en service sur la ligne Rouen – La Bouille, bientôt desservie par L'Union, L'Emma, Le Furet. Une vedette de la compagnie Joffet effectuera le trajet jusqu'en 1980.

La Seine peinte à La Bouille – Vers 1890 – Peintre : Albert Lebourg,  

  

Turner, Sisley, Gauguin, Vignet, Hénocque ou encore Albert Lebourg (1849-1928) ont été séduits par la courbe si particulière de la Seine à La Bouille. Ce dernier, l'un des maîtres de l'école de Rouen, a passé plusieurs étés dans une petite maison dont le jardin donnait directement sur le fleuve et l'embarcadère. Il a peint avec prédilection les bacs et les bateaux à vapeur. Quant aux écrivains, ils ne sont pas en reste, et Victor Hugo, Octave Mirabeau ou Hector Malot ont évoqué, chacun à leur manière, l'esprit des lieux.

 

 

Restaurants – Quai Hector Malot et place du bateau 

  

La gastronomie bouillaise ne fait pas mentir le dicton qui prétend « Qui a fait normand a fait gourmand ». Sa réputation remonte au XVIe siècle, lorsque les voyageurs arrivés de toute la basse Normandie par diligence – l'actuel hôtel des Postes est l'ancien relais de poste – venaient s'embarquer pour Rouen. En attendant le départ, lié à la marée et à divers aléas, ils allaient se rassasier dans les auberges du bord de Seine.

Capitainerie du port – 1929 – Brique – Quai Hector Malot 

  

La capitainerie abritait un « maître port » qui, à l'aide d'un porte-voix et d'un tableau noir, désignait aux navires remontant la Seine le numéro de leur emplacement sur les quais de Rouen. Elle a cessé son activité en 1962.

Mairie – 1933 – Architecte : R. Pruvost – Rue de la République 

  

Ce bâtiment conçu à l'origine pour abriter une mairie, une école de garçons, le logement de l'instituteur et un local destiné aux bains-douches, ne manque pas de pittoresque avec ses toits aux tuiles étagées, ses murs à colombages et son campanile portant, à son faîte, une girouette drakkar.

 Hôtels - Restaurants

 

Hôtel** Restaurant Le Bellevue

13, quai Hector Malot
Tél : 02 35 18 05 05
Fax : 02 35 18 00 92
Email : bellevuehotel@wanadoo.fr

Visitez le site internet

Fermé le dimanche soir de septembre à mars

 

 

La Maison Blanche

1, quai Hector Malot
Tél : 02 35 18 01 90
Fax : 02 35 18 08 65
Email : la_maison_blanche@hotmail.fr

Visitez le site internet

Fermé le mercredi, jeudi et le dimanche soir 

 

 

Restaurant Le Saint Pierre
 

   4, Place du Bateau
Tél : 02 35 68 02 01
Fax : 02 35 68 04 26
 
Visitez le site internet

 


 

 

 

Restaurant Les Gastronomes

1, Place du Bateau

 

Tél : 02 35 18 02 07
Fax : 02 35 18 14 49

Visitez le site internet

Fermé le mercredi et le jeudi (sauf fériés)

 

 

Hôtel de La Poste

6, Place du Bateau
Tél : 02 35 18 03 90

Fermé le dimanche soir, le lundi soir et le mardi

 

 

Le P'tit Bouillais

3, Quai Hector Malot
Tél : 02 35 68 15 93

Fermé le mercredi

 

 

Crêperie Mon Village

1,Rue du Docteur Magalon
Tél / Fax: 02 35 18 17 60

Fermé le lundi et le mardi midi

 

 

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